205519 Reprenant la chronique en cours et jugeant, dans une maquette sommaire , de comment elle apparaîtra une fois en ligne, prenant alors une photographie de mon écran, je m'aperçois que ce qui était jouissif la nuit dernière, c'est à dire creuser des chausse-trappes de plus en plus béantes et profondes, le réglage de ces pièges donc, est, au contraire, ce soir, une occupation déplaisante et affligeante, laissant derrière elle une curieuse impression de malaise: ici une photographie de mon écran sur lequel je peux lire un passage de ma chronique et son image montrant la construction, la touche finale, en fait, de mon article à propos de la photographie numérique, article qui est, lui, déjà en ligne et apparemment lu, je me retiens in extremis de reprendre cet écran en photo, d'une part parce que je suis sûr que tout le monde a compris ce qui était en jeu ici et d'autre part aussi parce que je ne suis pas certain au contraire de vouloir aller beaucoup plus loin moi-même, dans cette voie incertaine et probablement stérile, est-ce que déjà le fait de voir apparaître cet article dont je revois encore certains passages au brouillon, de le voir apparaître donc, en ligne, est-ce que cela n'est pas, donc, déjà, donc, en soi, donc, une manière de miracle et de mise en abyme, et n'est-ce pas suffisant?

Article Internet Mise en abyme Brouillon

 

 

 

211203 Reportant de nouvelles corrections au texte, je tombe sur les notes et le croquis que j'avais fait de mon stylo posé à côté d'une photographie le représentant posé sur un tas de feuillets de notes déjà tapées. De fait je pose derechef mon stylo sur ces notes, comme en fait je m'étais promis de le faire plus tôt tandis que l'appareil n'était pas à portée de main, et je prends une photographie sur laquelle, en déclenchant, je réalise que non seulement le stylo est en compagnie de sa représentation, mais qu'il figure maintenant sur une représentation de sa représentation à quelques encablures seulement du croquis qui prend note de cette idée. Présents sur un même plan se retrouvent donc, l'objet, l'idée et sa représentation, et aussi un peu du temps qui passe entre ces différentes étapes, du moins l'espère-t-on.

Mise en abyme

 

 

 

211517 Et prenant note de tout cela, je remarque que ces lignes manuscrites (paragraphe plus haut) voisinent, elles, l'image du paragraphe suivant (paragraphe plus bas) qui naturellement, pour mon plus grand emprisonnement, celui de mon esprit tout du moins, avoisinent une photographie de lignes manuscrites et fastidieuses. JE VOUS FAIS UN DESSIN?

Photographie Dessin

 

 

212221 Je dois laisser de côté quelques instants la journée et sa documentation servile, pressé que je suis de faire quelques corrections urgentes sur le site du Désordre, sempiternelles modifications, parfois une simple faute d'orthographe, ici une coquille, une faute de frappe, un lien brisé, une image manquante, une imprécision, une erreur, un effet de mise en page qui a sauté, un extrait de code qui déconne, pas d'extrait de cône qui décode, une information obsolète, une idée qui n'est plus bonne : veiller à l'intégrité des cinq mille et quelques fichiers qui composent le site, une tâche qui ressemble fort à faire le ménage dans une vaste demeure, quand on a fini de dépoussiérer la dernière pièce, il est temps de passer à nouveau le balai dans la première des pièces, par laquelle on avait commencé, dans le cas de mon site, les dimensions de la demeure ne cessent de croître, ce qui provoque mon essouflflement parfois, ce soir une vingtaine de fichiers sont à reprendre, ce n'est pas la mort, j'en ai fait la liste.

Coquilles Désordre Corrections

 

 

 

213408 La page des "je me souviens" inspirés par Georges Perec et Joe Brainard , c'est l'une des toutes premières pages dont j'ai eu l'idée pour le site et c'est sans doute celle qui me donne encore le plus de plaisir aujourd'hui, je n'aime rien tant que de recevoir de temps en temps ces quelques "je me souviens" par mail et de les ajouter au bas de cette page, à la suite des lignes précédentes.

Je me souviens de cette monitrice ivre qui fêtait la fin de cette colonie de vacances; je la regardais pisser. Je crois que je ne comprenais pas ce que je voyais. Pourtant je comprenais "femme", "pisser", et peut-être même "ivre". (Et dire que celui-là n'aime pas du tout Perec!)

Je me souviens Georges Perec


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