Perdre le nord
avec Hamish Fulton


Philippe De Jonckheere

Pour Hélène, merci


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Espagne, détroit de Gibraltar, août 1986


Mort


(Maroc, le 23 mars 2003) J’ai vu, une nuit, un jeune homme mourir au volant de sa voiture dans un accident très violent. Le lendemain, témoin de cet accident et de cette mort, mais n’ayant rien pu pour sauver ce jeune homme, dont je n’ai pas vu le visage, prisonnier de la carcasse de son véhicule accidenté, j’ai dû déposer, comme on dit, à la gendarmerie. À cette occasion j’ai remis aux gendarmes une lettre pour la famille de ce jeune homme. Deux semaines plus tard une jeune femme m’a téléphoné, interprétant les paroles en arabe de sa mère, qui voulait me remercier d’avoir écrit cette lettre qui l’avait bouleversée au point qu’elle ait tenu à ce que son fils soit enterré avec ma lettre. La famille, m’expliqua la sœur du jeune homme, revenait justement du Maroc, où elle avait enterré ce jeune homme que ne n’ai pas vu et pas pu, pas su, sauver. Je ne suis jamais allé au Maroc.







Le Bouchet de la Lauze - Clermont-Ferrand, avril 2006


Hérisson


(Cévennes, France, le 29 avril 2006) Un matin je suis parti très tôt, au milieu de la nuit presque, de ma maison cévenole pour aller travailler à Clermont-Ferrand. En chemin, j’ai surpris un sanglier, une buse, deux chevreaux, un blaireau et un renard, des mulots aussi et, avant d’entrer sur l’autoroute, après Brioude, un grand-duc. Arrivé à mon travail, il faisait encore nuit, et les myriades d’écrans et de néons de l’open space m’ont ébloui, tout comme je venais d’aveugler ces animaux dans les phares de ma voiture.







Le Bouchet de la Lauze, août 2008


Renard


(Dún Laoghaire, Irlande, le 3 août 1996) Je me souviens d’un très beau voyage, revenant de Dublin et allant dans les Cévennes. J’ai pris un bus – un AEC Routemaster, un bus à impériale – qui m’a emmené de chez Ollie, à Dún Laoghaire, jusqu’à l’aéroport de Dublin, où je suis monté dans un aéronef – un Boeing 727 – qui s’est posé à Londres, où j’ai pris le métropolitain – le tube, comme on dit – pour rejoindre la gare de Waterloo d’où j’ai pris le chemin de fer – une locomotive de type HST – pour la gare de North End à Portsmouth, en sortant de la gare, j’ai hélé un tacot – un FTX – jusqu’à chez moi – alors j’habitais à Portsmouth, mais vous aviez compris. Le lendemain matin, tôt, j’ai filé jusqu’au port en automobile – une Citroën AX – où je suis monté sur un navire – le Pride of Portsmouth – pour Le Havre et, de là, j’ai conduit jusqu’à Paris où j’avais rendez-vous avec une amie pour descendre dans les Cévennes où nous sommes arrivés de nuit, les cigales déchiraient l’obscurité et j’ai vu, dans l’ombre de la nuit sans lampadaire, la silhouette familière du mont Lozère, j’ai souri pour moi-même : et dire que la veille au matin j’avais quitté le Sugar Loaf qui surplombe Dublin. Et n’avais-je pas emprunté absolument tous les moyens de transport existants ? En un seul voyage. Et quel !







Portsmouth - Dover, 1995


Écureuil


(Royaume-Uni, le 30 septembre 1995) Un jour je me suis orienté en Angleterre avec une carte de la France, en l’absence d’un atlas routier du Royaume- Uni. J’étais précisément égaré en voiture entre Brighton et Dover.







Chicago, mars 1991


Fouine


(Chicago, États-Unis, le 23 août 1991) Je me souviens de cet interminable voyage en voiture en compagnie de Mouli et Halley, nous étions partis le soir et nous devions conduire une vingtaine d’heures pour rejoindre Providence dans l’État de Rhode Island. Nous entrions à peine dans l’Indiana, au sud de Chicago, je conduisais, quand j’ai vu un panneau indicateur qui lisait New York 900 et je me suis fait la réflexion que c’était, nul doute, la première fois que je voyais une indication kilométrique aussi élevée pour signaler une ville prochaine. Je me souvenais avoir déjà vu Paris 800 , du côté d’Arles, mais 900 c’était tout à fait unique. Et j’éclatais de rire en considérant que c’étaient des miles et non des kilomètres , ce qui rendait les choses encore plus distantes, il n’y avait décidément pas de commune mesure entre ce pays, immense, les États-Unis, et le mien, minuscule, la France.







Zabriskie Point de Michelangio Antonioni


Rat


(Allemagne, 1995-1998) Quand je travaillais de nuit à Portsmouth, nous disposions, mes anglais collègues et moi, d’une petite salle de repos équipée d’un téléviseur relié à un satellite, ce qui nous permettait de capter les principales chaînes européennes. Vers deux heures du matin je prenais mes repas dans cette petite salle, souvent déserte, nous étions peu nombreux à travailler de nuit et mes britanniques collègues dînaient plus tôt. Pour tromper cette solitude, toute relative, du milieu de la nuit, je regardais la télévision — une fois j'y ai vu la fin de Zabriskie Point que je connaissais pas et sans donc sans comprendre quelles étaient à la fois la provenance et la raison de ces explosions, leur signification, sans mentionner cette très jolie jeune femme à la fois plantée-là et boudeuse devant ces explosions et dont, naturellement, je tombais instantanément amoureux —, je regardais notamment les chaînes françaises. Las, vers deux heures du matin, dans les années nonante, toutes les chaînes diffusaient encore, et surtout, des mires. À l’exception d’une chaîne allemande, que j’ai fini par adopter rapidement, et qui, au lieu d’afficher ces mires rébarbatives, diffusait, au contraire, en boucle, dans une très longue boucle de plusieurs semaines, l’image d’un voyage en voiture sans fin, une caméra subjective, à la place du passager, filmait, sans varier de cadrage, des kilomètres et des kilomètres de parcours à travers toute l’Allemagne. À vrai dire ce spectacle était tellement reposant au milieu de la nuit et je pouvais facilement regarder, tout en dînant, une bonne demi-heure de ce voyage par procuration. À la réflexion j’ai dû parcourir, de la sorte, des centaines, des milliers peut-être même, de kilomètres, en Allemagne, dans des régions où je ne suis jamais allé et n’irai sans doute jamais. Sans compter que c’est en Angleterre que j’ai parcouru la plus longue distance qui soit en Allemagne.







Twickenham, hiver 1991, le plus bel essai de tous les temps, la passe croisée de Sella pour Camberabero devrait appartenir au patrimoine mondial, quand au numro de funambule de Camberabero le long de la ligne, il fait partie des choses que l'on devrait envoyer aux extra-terrestres pour les renseigner utilement de ce que le genre humain est capable de produire de meilleur.


Oiseau


Un soir j’ai contourné tout Paris par le sud – Noisy-le-Grand A4, BP Sud, porte d’Auteuil, autoroute A13, sortie n°8, et D28 pour rejoindre la D14, puis D43, D53, D915, D158, puis de nouveau D915 et enfin D102 jusqu’à Puiseux-en-Bray, plutôt que A4, A86 Nord, A15 et donc D14, D43, D53, D915, D158 et D102 – pour éviter les embouteillages que j’anticipais à cause d’un match de rugby dont je pensais qu’il avait lieu au Stade de France, à Saint-Denis, au nord de Paris, et dont j’ai appris, le soir-même à la télévision en regardant ce match qui opposait les équipes de France et de Nouvelle- Zélande, qu’il avait, en fait, lieu à Marseille, à 788,6 kilomètres de là.







Banfora, Burkina-Faso, août 1988


Souris


(Afrique, Europe, Amérique du Nord, fin août 1988) Quand je suis revenu de Côte d’Ivoire en août 1988, il me restait peu de temps pour rassembler mes dernières affaires avant de partir à Chicago pour ce qui devait être un séjour de six mois, devenus trois ans. Deux ou trois jours devaient séparer les deux voyages. Sur la planche-contact de ces quelques jours, se trouvent mes dernières photographies d’Afrique, quelques photographies de ma famille à Garches, et puis mes toutes premières photographies des États- Unis. Trois continents sur la même planche-contact.







Chicago, mars 1991


Chauve-souris


(Côte d’Ivoire, le 2 août 1988) De même, avant de partir en Côte-d’Ivoire, et sachant que le temps me serait donc compté de retour d’Abidjan, avant de repartir, cette fois, pour Chicago, j’avais préparé mes affaires de telle sorte que mes vêtements chauds logent dans une valise que j’aurais prise avec moi à Chicago et mes vêtements d’été dans une autre valise à emporter en Côte- d’Ivoire. En arrivant, le soir, à Abidjan, et ouvrant ma valise, je me suis rendu compte que je m’étais trompé de valise ; de voir pulls et anorak à Abidjan me rendait, tout d’un coup, la chaleur équatoriale vraiment insupportable.







Berlin, février 1988


Serpent


(Berlin-Ouest, République fédérale d’Allemagne, le 8 février 1988) J’ai une fois pris l’avion à Paris pour Berlin, via Londres, parce que cela coûtait moins cher. Pareillement je suis une fois allé de Paris à New York en passant par Genève, pour des raisons analogues, et inexplicables, d’économie.







Le Havre - Portsmouth, le 11 mai 1998


Papillon


(Reykjavik, Tombouctou, Genève, Detroit, Salt Lake City, Kansas City, Ottawa, 1987-1991) De même, il y a quelques villes dans lesquelles je ne peux pas dire que je me sois déjà rendu, mais dans lesquelles je ne peux pas dire non plus que je ne sois jamais allé, ce sont ces villes dans lesquelles mon avion a fait escale ou dans lesquelles j’ai dû changer d’avion : Reykjavik, Tombouctou, Genève, Detroit, Salt Lake City, Kansas City, Ottawa.







Puiseux-en-Bray, le 22 avril 2003


Grenouille




Drive my car des Beatles


(Égypte, le 6 octobre 2002) ; en conduisant là-bas ; vers Puiseux-en-Bray ; après le travail de nuit ; j’étais très fatigué ; j’avais du mal à garder toute mon attention sur la route je m’assoupissais ; alors je me souviens que j’avais utilisé toutes sortes d’astuces pour ne pas sombrer tout à fait ; je chantais les Beatles à tue-tête ; une astuce à moi ça de brailler les Beatles ; faux ; quand je m’endors au volant ; notamment après le travail de nuit ; d’ailleurs je me demande ce que fait Paul McCartney dans de comparables circonstances ; quand il rentre chez lui après l’équipe de nuit ; et je me disais que si seulement je savais écrire une chanson ; je lui composerais volontiers un petit air du genre Baby you can drive my car qu’il puisse chanter à tue-tête ; faux s’il n’est pas très en voix ce jour-là ; mais je m’égare en imaginant Paul McCartney brailler matinalement dans sa voiture un tube de De Jonckheere ;

Extrait d’ Une Fuite en Égypte, roman dont le personnage principal meurt dès la première ligne, dans un accident de voiture, dont la description, effroyable, est, en fait, celle de l’accident qui a coûté la vie au jeune homme marocain dont je parle au début de ce texte, et qui est enterré avec ma lettre de condoléances à sa famille, qui m’est tout à fait inconnue. Les choses mystérieuses de la vie. Et de la mort.







Le Bouchet de la Lauze, le 13 août 2014


Libellule


(Arles, France, le 13 août 2014) Il est, finalement, impossible de savoir où cette image de Hamish Fulton a été prise, et le sait-il lui-même avec précision et son indication, fût-elle avérée, serait-elle significative ? Et pourtant, moi je sais où, et quand, cette photographie a été prise ; je peux le savoir d’après la position du soleil et le dessin des nuages : il s’agit de la vallée de la Cèze, dans les Cévennes, à l’est du mont Lozère, en août 2014, le 13 août 2014. J’y étais. Et je pense avoir pris une photographie comparable du même endroit, en tout cas je reconnais les nuages. Et pourtant je n’y étais pas. Ce jour-là, en fait, j’étais en Arles, d’ailleurs je me demande si, ce jour-là, aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles, je n’ai pas vu cette œuvre de Hamish Fulton exposée au cloître de l’évêché. Et pourtant, le même jour, j’ai aussi photographié le ciel au-dessus de la vallée de la Cèze, mon appareil photo, le D300, juché et arrimé sur un trépied et programmé,pour déclencher, une fois toutes les minutes. Ce qui est comique, presque, c’est qu’en Arles une petite frappe, un adolescent vraiment, a tenté de me voler mon autre appareil photo, le D90, que je tenais de façon un peu lâche et décontractée, c’est vrai, par la dragonne, tandis que dans les Cévennes, mon appareil photo, le D300, est resté, lui, dehors et sans surveillance, toute la journée. Donc, on l’aura compris, j’y étais sans y être, tout en y étant. À la fois devant l’œuvre et face à son paysage.







Arles, le 13 août 2014


Hérisson


Tout comme Hamish Fulton, lui-même, n’y était peut-être pas, ou alors un autre jour. Comme si Hamish Fulton avait été à la fois là où il avait photographié ces nuages, dans la vallée de la Cèze et en Arles, là où était exposée son œuvre justement, et, pareillement, moi, je me serais trouvé devant l’œuvre, en Arles, tandis que je n’étais pas en train de photographier l’endroit-même où Hamish Fulton avait marché, trente ans plus tôt. Un peu plus au nord. Au nord du Sud. Vous me suivez ?






Moulin du Roure, août 2012




D’ailleurs ne dit-on pas, perdre le nord, pour perdre la raison?









Souris


(Vallée de la Cèze, France, le 13 août 2014) Pendant toute la journée du 13 août 2014, j’ai pris des photographies en Arles en me promettant de les assembler plus tard avec celles que je prenais aussi, en mon absence, en somme, dans les Cévennes. Et ce faisant je n’ai pas cessé, je m’en souviens, de penser aux œuvres de Hamish Fulton. Mais ce jour-là, je n’aurais pas su dire pourquoi je pensais précisément au travail de Hamish Fulton.







Hérisson


(Paris, France, le 12 janvier 1987) On s’émerveille souvent de ce que les œuvres de Hamish Fulton soient faites de peu de choses, là des traces éphémères de pas sur une plage, ici la liste des cadavres d’animaux trouvés en chemin pendant une marche de huit jours et demi. Ce qui m’a toujours bien davantage fasciné, en revanche, c’est à quel point ces œuvres, de trois fois rien donc – de trois fois rien en apparence seulement – recelaient de pouvoir vagabond, au point d’engager une pensée voyageuse et fureteuse et de me déplacer, littéralement. On ne sait pas ce que l’on regarde quand on regarde une œuvre de Hamish Fulton. Et on en oublie même parfois où l’on se trouve – ici en Arles, le 13 août 2014, là, quelques œuvres projetées en diapositives, en cours d’histoire de l’art, aux Arts déco, à Paris, le 12 janvier 1987. Jusqu’à douter de soi. Hamish Fulton sait-il, lui-même, qu’il détient un tel pouvoir ?







Sandy Point, Portsmouth, juin 1996


Écureuil


(Sugar Loaf, république d’Irlande, le 3 août 1996) C’est sans compter ceci. Quand je tente de décrire, sommairement, quelques-uns de mes voyages, de Dublin à la vallée de la Cèze, ou encore mon égarement dans le Sud de l’Angleterre, de telles descriptions tiennent en quelques lignes – les bornes de ces déplacements – qui ne garantissent pas la sauvegarde des mille pensées nomades qui ont peuplé de tels périples. Par exemple j’avais rendez-vous avec une amie pour descendre dans les Cévennes dit, imparfaitement je trouve, qu’avisant, une dernière fois, le Sugar Loaf, le premier matin de ces deux jours, je me suis promis que j’emmenais cette amie, dont j’étais secrètement amoureux, dans les Cévennes, dans le désir de l’embrasser en arrivant devant le mont Lozère, un happening sentimental en somme – je m’en souviens, désormais, en l’écrivant. Imaginez un peu la tension grandissante qui était la mienne en conduisant les cinq derniers kilomètres de lacets qui séparent Pont-de-Brésis et le Bouchet de la Lauze, d’ailleurs il s’en est fallu de peu que je ne rate le virage du rocher à Brésis – je m’en souviens chaque fois que je passe devant ce rocher, ce rocher, telle une œuvre in situ de Hamish Fulton.







Thysanoptère, Fontenay-sous-Bois, 2006


Chauve-souris


(Une marche de huit jours et demi en France en juillet 1983, de la mer Méditerranée à l’océan Atlantique) Dans le nom de chacun de ces animaux, est conservée la mémoire des pas qu’il a fallu produire pendant cette marche de huit jours et demi, et de toutes les pensées, aventureuses, produites et induites par la marche, miraculeusement sauvegardées. De même les vies et les parcours de ces animaux, en achevant leur course, ont dessiné dans un alignement parfait, un long trait qui relie la Méditerranée à l’Atlantique.









Souris

(Montreuil, France, le 11 décembre 2017) Quand Hélène Gaudy m’a envoyé cette image de Hamish Fulton, me demandant si j’acceptais d’écrire un texte de 15 000 signes à propos de cette œuvre, par maladresse elle m’avait envoyé l’image dans une définition exécrable qui permettait tout juste de lire le nom des animaux, image faible dont je me suis contenté, dans un premier temps, pour écrire ce texte. Puis, Hélène a réparé son erreur et m’a envoyé une définition supérieure de l’image, grâce à laquelle j’ai pu lire la légende, tout en bas, de cette œuvre de Hamish Fulton. Et j’ai souri d’avoir eu raison depuis le début : il s’agit bien des Cévennes. Or cela aurait pu être n’importe où ailleurs dans le monde. De même quand j’ai remis ce texte à Hélène, j’étais conscient qu’il dépassait en longueur celle impartie par sa commande, j’ai donc invité Hélène à choisir quel paragraphe de ce texte, quel récit elle supprimerait, récit dont elle, elle se souviendrait mais qui serait happé par le bouton de suppression – perdu à jamais, dans le buffer de la souris, comme on dit en informatique. Ce qu’elle a fait. En tuant deux oiseaux avec la même pierre. Comme on dit en anglais.







Rowlands Castle, octobre 1997


Renard


Donc trois fois rien ce n’est pas rien. 3 X 0 ≠ 0. CQFD.







Cournom d'Auvergne, mai 2007


Oiseaux


(France, Cournon-d’Auvergne, le 18 mai 2008) Le chant du merle, le matin, pour me réveiller, et le vol de la buse, le soir, au-dessus de la tente, les deux bords enchantés d’une parenthèse, cette journée au travail – en open space –, dont je pourrais aussi bien tout oublier.









Nouvelles Chimères, Paris - Chicago - Puiseux-en-Bray, réapprentissage de Photoshop, 2000




À vous, restent serpent hérisson oiseau fouine souris oiseau serpent souris hérisson oiseau papillon grenouille souris libellule oiseau hérisson







Montreuil, le 11 décembre 2017, écrit de retour de l’aéroport où j’ai déposé mon amie Laurence, en vol pendant tout le temps d’écriture de ce texte, un long vol d’une vingtaine d’heures, pour la Tasmanie, sa seconde patrie, celle hivernale, elle portait, comme chaque fois en pareille occasion, un chapeau inénarrable. Le 11 décembre 2017 aussi : naufrage du Pride of Kent à Calais.