Extraits de Fouilles de Charles Juliet.



le plus clair

de mes heures

sans clarté

passé à m’ouvrir

à m’interroger

mais pour un rien

tant de remous

de stupeur

d’effondrements

mes mains liées

et offertes

alors que je

vais viens

reviens à

l’énigme

refusant

de ne rien

comprendre


quand l’oeil n’a

rien à broyer

que l’oreille se lasse

de sa vaine écoute

que le silence n’est plus

cette chimie secrète

où s’élaborent les mots

qui créeront

un peu de vie

rien ne saurait

me venir en aide

même pas le sens

d’un éventuel devoir

d’une quelconque

Responsabilité

envers moi-même

ou autrui

et bien je travaille

Obstinément

à devenir

ma propre cause

cette évidence

que nul ne s’appartient

que je n’ai pas

à intervenir

qu’il me faut

m’abandonner


parfois

si rarement

si rarement

tout est

si simple

sous l’oeil

si serein

si limpide

alors la voix

s’éveille

mais à l’instant

où les mots s’agencent

tout se brouille

tout se brise

et c’est l’insupportable

vision de ces débris

dérivant comme des planètes

mortes dans l’immensité

vide