Septembre 2019
The Operative de Yuval Adler. Ou comment un film d'espionnage est percuté par une problématique féministe (on aimerait y croire). D'après une histoire vraie naturellement. Parfaitement improbable tellement tout a été tordu pour faire ici spectacle. Je n'arrive jamais à savoir ce qui est plus grave pour ce genre de films, qu'ils soient ouvertement de droite ou qu'ils aient d'autres ambitions politiques mais qui se brisent sur la dure étrave du genre, étonnamment je pardonne plus facilement à un film de droite (genre James Bond) d'être ouvertement de droite (au moins il n'y a pas tromperie sur la marchandise) qu'à un film qui voudrait se départir de son milieu dextrogène mais qui échoue dans sa tentative d'évasion. Et est donc rattrapé par son milieu.
Vif argent de Stéphane Batut. Stéphane Batut réalise une manière de film parfait, à la surperbe poétique des images, sous tendant un monde flottant et, ensuite, détruit absolmulment tout de cet enchantement dans les cinq dernières minutes de son film. Si vous allez le voir, sortez absolument de la salle dès que vous voyez le taxi partir et vous aurez alors le sentiment de voir l'un des plus beaux films de toute l'histoire de cinéma, restez jusqu'aux dernières images et vous aurez le sentiment d'avoir vu un téléfilm. J'attends avec impatience de le télécharger et de m'en faire une copie expurgée de ces cinq dernières minutes.


Léo Dupleix Piece For Electric Guitar Quartet
Une Grande Fille de Kantemir Balagov. Puissance d'une narration qui donne juste assez à son public pour que ce dernier construise le film dont l'intrigue est longtemps changeante nous ménageant, de cette façon, le plaisir d'avoir d'abord cru en la bonté d'un personnage qui s'avère être un salaud, de croire en la naïveté d'une jeune femme qui au contraire, depuis le début tire les ficelles de tout, et tout cela en plongée dans un univers sans luxe aucun, tant s'en faut, et avec juste le minimum vital de solidarité entre les êtres. Du très très grand cinéma.
Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Magnifique films dans lequel il n'y a pas presque pas un seul personnage masculin, des femmes entre elles du début jsqu'à la fin, qui parlent d'avenirs et de destinées de femmes et qui prennent de sacrées décisions. Comble du bonheur ce film est également un très beau film à propos du regard, il échoue en revanche à propos de la peinture, sans doute parce que la peinture est la dimension supérieure de l'image et du récit. Mais c'est déjà très beau.
Comme dans Matrix, tu vois?
Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais. On voudrait prendre ce frère de dépression entre ses bras après un tel film, cela tombe bien il est là dans la salle pour animer le débat, au cours duquel, étonamment, il ne sera jamais question ni de dépression, ni de rupture amoureuse. Les gens des fois.
Bacurau de Kleber Mendonça Filho. Admirable allégorie de l'hégémonie américain et des moyens locaux de lutter contre elle. Un village résiste et se soulève entre autres choses en allant demander de l'aide à ses voyous.