Juin 2019
Parasite de Bong Joon-ho. Quelques scènes assez réussies, comme, par exemple, celle de l'inondation et de sa descente en enfer, ne rachèteront pas, à mes yeux, l'absolu manque de finesse d'un film à peine plus drôle que La Grande Vadrouille finalement. Tous les passages importants sont soulignés trois fois en rouge, chaque élément (la manivelle pour ouvrir le souterrain) qui resservira plus tard dans le scénario est dûment signalé à l'attention du public, même sans doute le plus inattentif, le script prend l'eau de part en part (au delà même de toute vraisemblance), on a le sentiment d'une intrigue improvisée de scène en scène, et rien de ce qui est hautement prévisible ne nous est épargné, comme, par exemple, la scène de sexe des parents indoctes qu'ils sont de la présence toute proche de la famille de pauvres arnaqueurs et imposteurs, cachée, comme c'est crédible, sous une immense table basse. La presse et la critique unanimes crient au génie alors que le roi est nu.
Le Daim de Quentin Dupieux. Et si la pire damnation n'était pas tombée sur Quentin Dupieux, à savoir, rencontrer un succès qui le dépasse entièrement et altère finalement son jugement, notamment en lui donnant désormais accès à des moyens de production pléthoriques ce qui lui permet d'acheter les services d'un acteur célèbre mais tellement limité et qui cabotine dans tous les plans? C'était déjà la mauvaise idée du précédent Au poste!, sauvé malgré tout, et en dépit de cabotinage, par son rythme, dans Le Daim c'est un long naufrage à l'humour admirablement laborieux. C'est bête.
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Zombi Child de Bertrand Bonnello. Et toujours dans le cinéma de Bonnello, l'étrangeté acquise par quelques écarts de pas grand chose, ici on prend , une nouvelle fois, une société clanqiue, cette fois-ci un lycée élitiste de jeune filles, on y introduit la petite-fille haïtienne d'un grand-père à la très étrange destinée, malgré tout plausible, et on est de plain-pied au royaume des morts et cela fout salement les miquettes à la fin du film. D'autant plus, que rentrant chez soi, on passe par la rue Jules Ferry à Fontenay-sous-bois où habite la tante Mambo et ses pouvoirs d'entrer en contact avec les défunts. Le montage parallèle, d'abord un peu besognieux (parce qu'il s'étend sur tout le film), prend soudain une force singulière avec quelques effets précisément électrisants de montage. Le cinéma de fiction ne devrait jamais viser en deçà d'un tel décalage



Mathieu Pernot
Le jeune Ahmed des frères Dardenne. Toujours aussi étonnant de voir comment d'infimes variations d'un film à l'autre des frères Dardenne finissent par dessiner une oeuvre quasi shakespearienne, totale, ici un rythme très différent des autres films, le récit cogne et pousse sans cesse dans une seule direction et on se demande tout au long du film où est passé le sens de la nuance des frères Dardenne quand la dernière scène réintroduit, en une seule fois, tout ce qu'il y a de complexe justement dans leur cinéma.
The Last Picture Show de Peter Bogdanovich. Film très étonnant pour ce qu'il contient d'anachronisme, représentant les années 50 depuis les années 70, tout en gardant une esthétique (progressiste) des années 50, ainsi des scènes de sexe, pas si timorées, débarquent dans ce qui est un faux film américain des années 50, lequel lorgnerait un peu du côté des Beat, avec Robert Frank à la photographie.
Exposition de Thomas Houseago au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Découverte d'un artiste contemporain qui produit des oeuvres extraordinaires depuis une trentaine d'années, où était-il caché ou comment suis-je resté aveugle si longtemps?
Bernard Frize, rétrospective de Beaubourg