Février 2019
Tu réalises bien ce que tu es en train de faire. Tu es en train d’écrire un texte à propos de cette déception amoureuse cassante qui vient de te percuter avec violence. Il y a deux écoles, c’est d’ailleurs ce qui fait jour dans la belle unanimité de tes amis que tu as convoqués à ton chevet au matin de cette nuit de faille et, qui, désormais ne s’accordent pas tous sur le bien-fondé de cette démarche littéraire. Il y a les unes et les autres qui te disent que tu es indécrottable, c’est le mot, et puis il y a les autres qui t’encouragent à ces réflexes qu’ils te connaissent et dont ils savent, finalement, que ce sont tes voies personnelles, tes armes. Toi-même, tu ne saurais pencher entre ces deux camps, mais, naturellement, tu le fais, tu écris, mais tu ne dirais pas que tu choisis cette voie plus que l’autre, celle du silence. Rappelle-toi, tout de même, que ce nouveau psychanalyste t’a surtout conseillé de noter tes rêves. Pas nécessairement d’écrire des haïkus du manque, du chagrin ou même, du désespoir et de la mélancolie, et sans doute ne t’a-t-il pas encouragé non plus à écrire une fiction. Tu voudrais déjà avoir écrit entièrement un tel livre, et même, même, lui envoyer, dédicacé. Pour Vous. Et tu fonds en larmes à l’idée que cela prendra des années. Imbécile !
My Beautiful Boy de Félix Van Groeningen. On pouvait rêver que le cinéma de Van Groeningen résiste un peu en s'exportant aux Etats-Unis d'Amérique et on aurait tellement aimé une Merditude des choses dans l'Amérique contemporaine, pour ne pas dire celle de Trump, mais hélas Van Groeningen ne résiste pas et plonge amoureusement dans le milieu bourgeois bohème californien, et de ce fait tombe dans le piège d'une représentation pleine de stéréotypes américains, pour ne pas dire californiens, et là où il fonce habituellement au plus profond de la merditude des choses justement, curieusement il n'en semble pas capable devant ses modèles américains, comme s'il avait peur de les éclabousser, et c'est d'autant plus décevant que justement dans Alabama Monroe il était capable de se départir de telles représentations iconiques, ses personnages demeurant avant tout, et au delà de cette rêverie américaine qui était la leur, des Belges, authentiques et généreux. Pity.
Peinture sur journal russe de Daphné Bitchatch
D'après Martin Bruneau
La Liberté de Guillaume Massart. Et toujours cette fin qui me fait pleurer. Je vois dans ce documentaire de Guillaume une manière de réactualisation documentaire de Souvenirs de la maison des morts de Dostoievski, pas moins. J'y vois le signe manifeste de la rédemption possible. De la guérison aussi. Il y a certaines personnes de ce film dont je sais qu'elles sont des délinquants sexuels incestueux et que je voudrais prendre dans mes bras et les consoler. Quand collectivement nous acceptons de faire un pas de côté cela devient un immense pas pour l'humanité. La prison ouverte, ce concept étrange et qui ne peut que fonctionner. Et, ce que la psychanalyse peut faire pour réparer des destins est incroyablement puissant. Dans un monde bien fait, ce film passerait à la télévision à des heures de grande écoute, comme on dit, et serait suivi de débats avec toutes sortes de personnes qui auraient tout leur temps devant elles pour réfléchir à haute voix, comme le font les personens de ce film. Guillaume, quel film, quel travail!
Imaginez un monde qui n'aurait aucun sens au point que le sens de certains mots serait modifié, la mer désignerait un canapé, exemmle, ne reste pas debout comme cela assieds toi dans cette mer, qu'on vous passerait le téléphone à table pour saler votre plat et que les zombies seraient de petites fleurs jaunes, exemple, Maman viens voir j'ai trouvé deux zombies dans le jardin, les enfants pourraient quitter la maison des parents seulement quand leur canine, gauche ou droite, tomberait. Imaginez un monde où serait un peu de cette farine et de cette limonade, avouez que ce n'est pas facile à imaginer et bien c'est le monde de Canine de Yorgos Lanthimos et si je ne souhaiterais pour rien au monde vivre dans de tels cauchemars (comme celui de Lobster par exemple), au contraire je me délecte de plonger, le temps d'un film dans un tel illogisme.
Je crois que je pourrais écouter Rachel Weisz me lire le botin pendant des heures, avec cette classe et cette diction terriblement aristocratique, je crois que je pourrais me laisser marcher dessus avec délectation par Lady Malbourough, interprétée donc par Rachel Weisz, je crois que je pourrais même apprendre à danser pour avoir la faveur d'une telle danse, fut cette danse aussi ridicule que dans le bal de The Favourite. Quant à l'étrangeté des films de Yorgos Lanthinos, je me vautre dedans avec une telle délectation, The Favorite, peut-être pas My Favorite Favorite Things, malgré tout un sacré film à propos de la perversion du pouvoir et sa fragilité, sa vanité, fut-ce sous la royauté, où ce pouvoir était réputé absolu, non peut-être pas mon film préféré de Lanthinos, mais quel film cependant! Je vous ai dit non? que Rachel Weisz y tenait un rôle extraordinaire et qu'elle y était extraordinaire? Oui, j'ai déjà du le mentionner.

Atelier de Daphné Bitchatch
Exposition de Daphné Bitchatch à Angle d'art (Allez-y voir)
Projection de travail d'En formation de Julien Meunier et Sébastien Magnier.
Atelier de Martin Bruneau
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Atelier de Oana Munteanu
Bataille d'économiseurs d'écran entre Robert Frank et Andreï Tarkovski.

Martin Bruneau
D'après Dürer, sourit-elle


D'après Henry-Fox Talbot, répond-il


D'après Michel-Ange, dit-elle
Diane Arbus
Le Dossier M. de Grégoire Bouillier
Je n'ai pas envie de devenir fou tout seul. In Le Dossier M. de Grégoire Bouillier