Décembre 2018
Pupille de Jeanne Herry. Et je dois dire que trouve admirable cette nouvelle vague de jeunes réalisateurs et réalisatrices françaises dont on devine sans mal donc, les enfances choyées et passées en partie à rêver l’existence des pauvres au point, plus tard, de devenir des réalisateurs et réalisatrices qui se piquent d’être engagées.
Une collaboration avec B. (céramique)
Tentative d'écriture inclusive militante au magasin de bricolage
Photographie de Madeleine Dejonck. Une bougie égale 27 ans. Dit comme ça c'est pire que tout finalement, j'aurais donc vécu deux vies de 27 ans et ai-je suffisamment profité de cette double jeunesse? Pas sûr.
Une Affaire de famille de Hirokazu Kore-eda, film magistral, pendant ses deux premiers tiers du film Hirokazu Kore-eda tord le réel pour nous montrer comme nous le voyons pas, comme nous sommes incapables de le voir, puis quand cette vision est tendue à l'extrême il lâche l'élastique et nous rend notre vision habituelle des choses et nous nous rendons compte à quel point cette dernière est défaillante et étriquée. Ce serait déjà un exploit de parvenir à cela, mais en plus l'esthétique de Hirokazu Kore-eda épouse cette visée avec une grâce incroyable faisant l'éloge visuel du désordre et du bouillonement de la vie et montrant, à la fin, la sécheresse de l'ordre et du conformisme.
Shimmer Lake d'Oren Uziel, des années que je rêve d'un tel film américain, un film dans lequel tous les personnages sont ordinaires, certains obèses, presque tous stupides et racistes, un film dans lequel il fait moche, la plupart du temps, mais pas tout le temps, et tout cela pour masquer derrière des apparences faussement médiocres une petite merveille de script diabolique.
Leto de Kirill Serebrennikov, film dont il n'y a pas grand chose à garder à l'exception d'une des premières scènes du film, la scène du train, mais un tel atout est joué beaucoup trop tôt dans la partie du coup le film est déplumé jusqu'à sa fin, on finit par se moquer entièrement de la destinée de ses personnages, fût-elle tragique. En plus il faut beaucoup aimer le rock pour supporter une bande-son admirablement montée certes mais aussi monocorde que pouvait l'être le rock russe des années 80
Ma petite Adèle-Zoé ne va pas très bien en ce moment, elle vit des choses difficiles, alors comme je sais que de temps en temps elle regarde ce qu'il se passe dans le Désordre-garage, je lui mets un extrait de son groupe préféré (elle est maline ma petite Zoé-Adèle, elle choisit des trucs de mon temps pour me taper sur les nerfs de telle sorte que je sois plus tolérant pour des trucs plus contemporains).
Exposition de Tomas Saraceno
D'après Jean-Michel Basquiat
Everywhere I look, I see eels
Un autre possible, j'imagine, pour Une Fuite en Egypte
D'après Jean-Michel Basquiat
Quelle étrange impression ! c'était déjà le cas avec l'ancien Forum des Halles, je passe devant la tour Pleyel que l'on est en train de détruire et je peux me souvenir de sa construction, ai-je déjà vécu si longtemps?
J'ai trouvé ce poème assez court sur mon parebrise dans le parking de mon nouveau travail, apparemment je me suis trompé d'emplacement de stationnement. Dans un premier temps, j'ai eu envie de l'apprendre par coeur, comme on le faisait, au XXème siècle, de poèmes tels que La Ballade des pendus de Villon ou de L'Albatros de Baudelaire, avant de comprendre, qu'au contraire, je devais absolument me tenir éloigné de la puissance poétique d'un tel texte, que cette dernière risquait de me ronger de l'intérieur et que ce texte contenait une poétique capable de tarir toute poésie et que le ou la poète qui l'avait écrit était bien plus forte que tous les autres poètes, Villon et Baudelaire compris, qui, pourtant, sont très forts, justement parce que ce ou cette poète avait le pouvoir de détruire toute poésie. Et je me suis dit, tandis que je démarrais ma voiture rescapée in extremis, que ce ou cette poète devait tellement souffrir dans son existence pour écrire de tels poèmes et j'ai plaint tous les poètes qui, tous les jours, écrivent de tels poèmes. J'ai même pleuré pour elles et eux.
1993 par Théo Girard, plus tard je lui expliquerai que nous n'avons sans doute pas connu la même année 1993
Les Chatouilles d'Andréa Bescond et Éric Métayer, c'est deux Lacaniens, le premier dit bonjour au second et se demande s'il n'en a pas déjà trop dit, et le second se demande ce qu'il a voulu dire par là
L'Esprit de la ruche de Victor Erice, avec une toute petite Anna Torrent, qui, enfant, jouera aussi dans Cria Cuervos et que l'on reverra, des années plus tard, adulte, dans le rôle d'une universitaire enquêtant sur les snuff movies dans le film Thesis d'Alejandro Amenábar, on peut même imaginer, finalement, que les deux rôles, celui de L'Esprit de la ruche et de Tesis relèvent du même personnage, que c'est la petite fille, Ana de L'Esprit de la ruche qui devient l'universitaire de Tesis. Le cinéma, parfois, raconte des histoires bien plus riches que celles qu'il montre à l'écran.
L'admirable (jugez plutôt) programme du deuxième jour anniversaire des vingt ans de l'Atelier du Tampon. J'aurais enfin écouté Sophie Agnel jouer en concert avec John Edwards et Steve Noble, mais la pauvre jouait sur un piano bien pourri, John Edwards sur une contrebasse qui avait fait la guerre et Steve Noble sur un set de batterie sans doute trouvé dans un garage du quartier et dont certains fûts étaient en équilibre sur des caisses de bière, d'aucuns, connaisseurs, reconnaîtrons sans mal un certain art (vraiment) de l'organisation propre à l'atelier du tampon.
Exemple de choses qu'il vaut mieux tester avant de provoquer de grandes catastrophes, le coup de la mise en abyme des iframes, a qui content b qui contient a qui contient b etc..., imaginez un peu le désordre que ce serait si la page d'accueil du Désordre contenait un iframe renvoyant à la page d'accueil du Désordre, bon apparemment le coup est paré, le navigateur "se rend compte" de la supercherie et arrête les frais au bout de deux itérations, c'est heureux.
Premières solitudes de Claire Simon, je pourrais préciser que c'était en présence de Claire Simon, ce serait très édifiant sans doute, je préfère me souvenir au contraire que c'était en compagnie de ma fille Zoé, fort touchée par la grâce adolescente de ce film, moi moins.
Sarah Murcia et Paul Ouazan, My Favorite Things, au premier rang Pat Metheny, déguisé en Gilles Coronado
Le bon Docteur G.
Sophie Agnel
Le Temps des forêts de François-Xavier Drouet
Hard Eight de Paul Thomas Anderson (qui est un de mes réalisateurs préférés)
Dessin par Sarah M. et Thomas B.

"J’ai toujours bien aimé disposer des choses autour de mon lit, certaines de mes photographies que j’aime bien, et d’autres images et je change tout ça chaque mois. Il se passe alors quelque chose de curieux et de subliminal. Ce n’est pas tant en le regardant, c’est plus en ne le regardant pas que ça agit sur moi d’une façon singulière". Diane Arbus
Diane Arbus