Les apnées
Photographie numérique, 2009-2010.

Parmi les déclarations dont on n'est pas toujours fier, et que l'on fait, dans ces fameuses déclarations d'intentions pour les dossiers que l'on soumet à diverses institutions, et qui n'en font pas grand usage, j'ai un jour écrit, dans le but paresseux de ne pas trop aprofondir, pour décrire mes intentions donc, en matière de photographie, que je rêvais de pouvoir emmener un appareil-photo dans mes rêves et qu'il me soit donné d'en rapporter quelques films.

J'ai passé l'année qui vient de s'écouler dans un état de fatigue second, en grande partie dû à une pathologie très commune appelée apnée du sommeil. Un peu plus d'un an avant d'être appareillé contre cette difficulté respiratoire nocturne j'ai entamé une série de photographie des lits dans lesquels j'avais dormi. Tous les jours je photographiais là où j'avais dormi.

La semaine dernière, alors que je découvrais avec émerveillement les possibilités de montage vidéographiques à partir d'images statiques, grâce soit rendue à mon ami L.L. de Mars pour avoir, d'une part, flairé l'intérêt que j'y trouverai, et d'autre part aussi pour avoir fait montre de grandes vertus pédagogiques, dans la construction préparatoire d'images pour une séquence vidéo, j'ai associé une image de ces lits avec une image de la même journée, presque par accident (je tentais de faire autre chose), surpris par cette juxtaposition heureuse, j'en ai tenté une autre, puis une autre, jusqu'à ce que je réalise que je venais peut-être là de trouver le moyen d'exaucer cet ancien fantasme d'emmener mon appareil-photo dans mes rêves. (Attention, une fois le lien lancé, le défilement des images est automatique)

Philippe De Jonckheere, 29 février 2011