La Verrière, le 19 novembre 2013

#115.

Et cette idée encore que l'on construirait son site Internet pour un seul visiteur, le visiteur qui serait tous les visiteurs à la fois, visiteur qui serait enthousiaste comme à tous les débuts, s'émerveillerait des refontes, des grands ajouts, des textes ou des images les plus percutants, puis finirait par se lasser pour se désintéresser progressivement au point de ne plus venir, tel un désaveu ou même une séparation.

Et tel que l'on quitte ne cesse pas toujours de vivre, et continue d'être à la fois lui-même et tout autre.

Y aura-t-il de la place, dans quelques années, pour que le visiteur du Désordre et son taulier renouent? Seront-ils alors tellement différents l'un à l'autre qu'ils pourront de nouveau s'entendre?

Rien n'est moins sûr finalement quand on connaît le sale caractère anguleux du taulier qui sait très bien que le visiteur continue de zieuter de temps en temps et donc en profite pour, mine de rien, donner des signes d'une acrimonie larvée.

Ces deux-là ne sont peut-être pas prêts de se reparler un jour.

Quel sera alors le nouveau compagnon de route du taulier du Désordre?

Un chien? Plus sûrement un bâton de vieillesse, pour arpenter lentement les chemins cévenols. Mais un chien pour l'accompagner, pourquoi pas?