Fontenay-sous-Bois, le 28 novembre 2013, Bruc-sur-Aff, le 14 juillet 2011

#67.

Plus ça va et plus je me fais l'effet d'un chimiste quand je cuisine, d'ailleurs ce n'est pas le fruit de mon imagination, quand tout un chacun fait de la cuisine, il fait rigoureusement de la chimie appliquée, mélange de produits et opérations de transformation, notamment avec la température.

Mon problème, et je lis bien la consternation des enfants sur leur visage devant ce que je sors de la marmite, c'est quand je tente des expériences chimiques inédites avec la même candeur, finalement, que celle qui était la mienne au lycée, lors des travaux pratiques d'une matière dans laquelle je n'ai jamais eu le moindre talent naturel, une fois l'expérience a même abouti à un assez puissant jet d'acide dans les yeux, dont l'épilogue fut heureux aux urgences.

Du temps de la photographie argentique, je connaissais les mêmes exaltations mal maîtrisées dans le laboratoire pour des résultats, quand je laissais libre cours à ma fantaisie, tout aussi médiocres que le repas de ce soir.

En fait ce que j'aime dans la chimie, je viens de le comprendre, ce sont les gestes du laborantin, la théorie en revanche m'ennuie, c'est dire un peu le grand chimiste que je suis.

Et il y a comme cela beaucoup de choses, de matières, que j'aime pour les gestes de leurs praticien, mais je suis bien trop paresseux pour apprendre véritablement les fondements de ces matières et ces sciences, alors j'imite les gestes. Un peu comme un adolescent qui mime les gestes hystériques de ses guitaristes préférés en écoutant leur musique.

D'ailleurs je fais cela aussi, je suis très bon à l'air-sous-bassophone.