Pyrénées catalanes, route de la Molina, Ribès de Freser, le 188 octobre 2013

#8.

 

Il est amer le souvenir de ce pique nique avec B., nous venions de traverser les Pyrénées au terme d'une route extraordinaire qui serpentait au milieu des immenses montagnes, B. conduisait et mon appareil-photo claquait continuellement comme si j'avais voulu filmer plutôt que photographier, nous avions acheté du jambon à l'incroyable odeur d'étable, du mato, du très mauvais pain espagnol et des cerises, nous avions trouvé un petit cours d'eau, le Freser, qui à cet endroit ressemblait beaucoup à la Cèze en amont du pont de Souillas, et je me suis dit, dans la vie il y a des moments comme celui-ci et il y a des journées dans l'open space.

Ce jour-là j'ai souri en me disant que je tenais peut-être là l'idée d'une série d'images et de textes pour toutes les photographies que je prendrai cet été, et de les associer par paires à des photographies du quotidien prises cet hiver qui fut si rude et de les accompagner de textes courts, dans la vie il y a contempler les polyptiques gothiques du Musée National d'Art Catalan de Barcelone et photographier le même arbre tous les matins sur le chemin de l'école des enfants avant de soi-même, filer au travail, et d'en faire l'équivalent de l'immuable en question l'année dernière.

Ce matin, de retour dans l'open space, je ne suis plus si sûr que ce soit une si bonne idée que cela. J'aimerais tellement que les photographies prises cet été soit indemnes de la salissure quotidienne.