A quoi tu penses?

Dans le train lundi, le wagon dans lequel habituellement je trouve un peu de place pour m'allonger a été retiré de la composition du train, ce n'est pas une erreur comme me l'indique un cheminot qui doit m'avoir reconnu comme tous les lundis matins, les vitres du wagon auraient cassé lors du voyage précédent au croisement avec un autre express, onde de choc à la violence augmentée à cause des blocs de glace qui parent les trains en ce moment avec le froid. Du coup je suis contraint à chercher le sommeil assis, ce que je ne parviens jamais vraiment à faire. Les yeux grand ouverts donc, je regarde le paysage enneigé, défiler à toute vitesse devant mes yeux brûlés par l'insominie en plein jour.

Sensation ouateuse ces derniers temps de manquer de forces en tout, en fait de manquer de repos, de sommeil. Et passant devant la centrale nucléaire de Neuvy-sur-Loire et ses abords enneigés, froids, je repense à ces sensations imprécises de fatigue et au delà, comme du temps où j'étudiais à Chicago, régulièrement en privation volontaire de sommeil pour tenter de profiter à cet accès inédit à autant de matériel photographique. Sensation qui passe sans cesse de la légèreté à une pesanteur de mercure.