Nature morte. Un fond de table gris sur lequel sont posés (disposés) des fruits (jaunes) et des fleurs (blanches et rouges) et peut-être des légumes (à gauche). Ses copains en avaient déjà fait beaucoup avant 1870.

Manet qui parlait de la nature morte comme " la pierre de touche du peintre ". Pour lui, " un peintre peut tout dire avec des fruits ou des fleurs, ou des nuages seulement. Vous savez, j'aimerais être le saint François de la nature morte. " Il en a peint toute sa vie. On se souvient de l'exposition d'Orsay (octobre 2000 à janvier 2001) où étaient montrées 80 natures de mortes de Manet : pivoines, citrons, brassées de fleurs, poignées de fruits, une botte d'asperges, saumon, huîtres et champagne, brioche... et le célèbre bouquet de violettes, gage d'affection adressé à Berthe Morisot.

En tout cas, en 1870 il avait déjà peint ses huîtres (1862), anguille et mulet (1864), melon et pèches (1866), pivoines, dans un vase ou non (1864)...

Renoir avait peint arum et autres plantes (1864),et ses Fleurs dans un vase (1869), et son très beau faisan.

Monet sa nature morte au faisan (1861), son trophée de chasse (1862), son sublime quartier de viande (1864), ses abricots, ses poires et raisin (1867) et ses nombreux faisans...

Quant à son autre copain Fantin-Latour , il avait peint Bouquet de fleurs (1860), Bouquet de pivoines (1864), Fleurs compotier et carafe , Citron pommes et tulipes (1865), et autres Fleurs de printemps pommes et poires (1866)...

Mais aucune trace de composition de près ou de loin, dans ce qu'a fait Bazille, d'une toile de ses amis (dans les centaines que j'ai regardé de cette époque). j'en déduis donc que Bazille n'a pas fait là une reproduction d'une toile existante.

Il faut dire que Bazille (n'oublions pas que ce tableau est fait à la fin de sa courte vie, donc à la fin de son oeuvre) s'est essayé à la nature morte. Mais vu leur petit nombre, (sur seulement 10 ans de peinture, si on considère que sa lettre du 31 juillet 64, à son père pour lui annoncer qu'il a échoué à l'examen (d'anatomie) de médecine, marque son dévouement total et définitif à la peinture, mais que son père, dès octobre 1860, l'avait autorisé à peindre et de prendre des cours...) on peut penser que c'était un regret, peut-être une frustration, en tout cas qu'il n'avait pas fait tout ce qu'il avait envie de faire en nature morte.
Notons que la nature morte au poisson (1866) avait été acceptée au Salon de 1866. Il l'avait présenté avec Jeune fille au piano, qui elle, (je crois sans être sûr) avait été refusée (?).

Autres natures mortes de Bazille :
Bol de soupe (1864), Étude de fleurs (1866), Le héron (1867), Fleurs (1868) et Deux harengs , de date inconnue.
Quand je dis (en entrée) beaucoup de peine(s) pour rien, je ne veux donc juste dire que je n'ai pas trouvé de reproductions... Cette nature morte non identifiée en est un exemple : ce que le peintre esquisse là et qu'il accroche sur le mur au-dessus d'une palette et de la table ronde repliée, permet donc juste à Bazille de se faire plaisir et à rappeler son intérêt pour les natures mortes...
Se faire plaisir...C'est une raison suffisante, non ?